« Les poissons ne meurent pas d’apnée » : joli titre ! Celui de la pièce qu’a écrite Emmanuel Robert-Espalieu et qui orne en ce moment la façade du Théâtre Marigny. Univers aquatique et déconcertant, mis en scène par Christophe Lidon. Bonnet rouge et Bleu Bonnet sont dans un bateau…
Dans une piscine municipale, un grand homme en slip et bonnet rouges, un habitué, reçoit chaleureusement un nouveau, plus petit, et surtout plus bleu, plus étranger… De leurs rencontres quotidiennes vont jaillir des flots de mots, de la marée noire aux clapotis clopin-clopant en passant par la brasse coulée et autres doux jets d’eau.
Les jets d’encre de l’auteur nous font naviguer dans un pays étrangement absurde. L’écrivain nous embarque ainsi sur une piste ; appâtés, nous la suivons, et épatés, nous voilà arrivés ailleurs que là où nous l’imaginions. Une pièce déroutante donc, dont le propos semble être à la fois multiple et très cohérent. Les délires portés par le domaine aquatique ou poissonneux nous ramènent à l’humanité, à une réalité sociale, politique, comportementale qui nous est familière. Elle est traitée ici avec dérision et humour, permettant une digestion agréable des messages lancés, la pièce inclassable ne pouvant pas être rangée dans la case « engagée ». Mais…
Claire Néel

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