Le Ciné 13 Théâtre organisait un cycle autour de Matéï Visniec, auteur francophone d’origine roumaine, jusqu’au 2 novembre dernier. Nous avons assisté à deux des trois pièces (la troisième fut « couverte » ici même par Claire Néel). Commençons par « Richard III n’aura pas lieu », mis en scène par David Sztulman. On y voit le grand metteur en scène russe Meyerhold aux prises avec la bêtise d’État. Un formidable cri muet poussé par une jeune troupe enthousiaste au service d’un grand texte. Résultat : un spectacle aussi drôle que poignant.
Un mot d’abord sur Meyerhold, qui, avec Stanislavski, Craig et Copeau, peut être considéré comme le père de la mise en scène telle que nous l’entendons. Il faut rappeler qu’alors (dans l’entre-deux-guerres) le théâtre avait l’importance mais aussi les mauvaises habitudes de notre télévision. Ces pionniers vont l’affranchir de toutes ses routines. Leur influence sera décisive. De Brecht à Pirandello, pas un dramaturge qui ne fût redevable à Meyerhold, et à ses semblables en Europe, au moins en ce qui concerne la relecture des classiques, notion qu’ils inaugurent.
Olivier Pansieri

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