mercredi 31 décembre 2008

Ô mon bel inconnu… (critique), Opéra de Rennes

Une gaieté laborieuse…


Confiant dans la tradition des fêtes et dans la réputation de l’auteur, Sacha Guitry, comme dans celle du compositeur, Reynaldo Hahn, le public était venu nombreux. À défaut de s’en « fourrer jusque là », comme dit le baron de « la Vie parisienne », il espérait au moins une franche partie de détente et de rire. Il n’a eu droit qu’à un honnête divertissement.

Après une ouverture légère et plutôt gaie, lorsque le rideau s’ouvre, on ne peut guère avoir de doute sur ce que l’on va voir. Ce que l’on découvre, c’est un appartement bourgeois où il ne manque pas une moulure, pas un tableau. Côté jardin, la table est mise pour un petit déjeuner. Côté cour, trône un meuble-secrétaire. Au fond, une porte ouverte sur un vestibule laisse entrevoir un perroquet portant chapeaux et manteaux. Trois autres portes donnent sur les chambres de Monsieur, de Madame et de Mademoiselle ; elles ne vont pas tarder à claquer. Nous sommes bien au boulevard.

Jean-François Picaut

Lire la suite…

mardi 30 décembre 2008

Motobécane (annonce), Théâtre du Rond-Point à Paris

« Motobécane », de Bernard Crombey

Théâtre du Rond-Point, salle Roland-Topor
2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt 75008 Paris

Du 13 janvier au 15 février 2009 à 20 h 30,

dimanche à 15 h 30,
relâche les lundis et le 18 janvier 2009

D’après le Ravisseur (éditions Gallimard) de Paul Savatier

Motobécane est publié aux éditions Macartan.

Interprété par Bernard Crombey

Avec la complicité de Maurice Bénichou

Collaboration de Catherine Maignan

Scénographie et lumière : Yves Collet

Spectacle présenté par la Cie Macartan, coréalisation Théâtre du Rond-Point

Avec le soutien du Théâtre du Beauvaisis, production déléguée Prima Donna

Recueilli par
Les Trois Coups

Lire la suite…

samedi 27 décembre 2008

Tom à la licorne (critique), Théâtre Essaïon à Paris

Hommage ludique à nos amis les livres


Quoi de plus difficile que de donner le goût de la lecture à nos chères têtes blondes en cette époque de haute technologie 3 D. C’est le pari que propose la Compagnie Le Théâtre de l’Imprévu aux spectateurs du Théâtre Essaïon jusqu’au début février avec son spectacle jeune public « Tom à la licorne ». Pari tenu et joliment réussi !

Tom est un petit garçon rêveur, qui, comme beaucoup d’enfants de son âge, passe son temps à la maison, dans sa chambre ou avec sa maman. Dans cet univers clos, Tom s’est créé au quotidien des rituels imaginatifs comblant la solitude. Ainsi, dans sa chambre emplie de livres en tout genre, il se raconte des histoires comme tous les enfants. Mais ces histoires, il les raconte aussi aux… livres !

Angèle Lemort

Lire la suite…

jeudi 25 décembre 2008

Le Ventre de Shakespeare (critique), Théâtre du Voyageur à Asnières

Les Pieds nickelés de la Renaissance


Ce spectacle invite au voyage. Un vrai, d’abord, qu’il faut effectuer de la gare Saint-Lazare à celle d’Asnières (un train toutes les demi-heures). Là, sur le quai… Oui, vous avez bien lu : quai B même exactement, un grand hangar 1900 abrite les mille et une merveilles de Chantal Melior, chef de troupe et fée. L’autre voyage que vous ferez sera historique et culturel : une plongée dans le monde des tavernes, des alcôves et des champs de bataille de la Renaissance anglaise avec « le Ventre de Shakespeare » présenté, donc en gare d’Asnières, par le Théâtre du Voyageur. Surtout ne pas oublier d’emmener les enfants (je dirais à partir de huit ans). Rires et émerveillements garantis.

Olivier Pansieri

Lire la suite…

vendredi 19 décembre 2008

La Ménagerie de verre (critique), Théâtre des Marronniers à Lyon

Tennessee Williams revisité !


Hier soir au Théâtre des Marronniers de Lyon, on pouvait voir une représentation de la pièce qui a rendu Tennessee Williams célèbre en 1945, « la Ménagerie de verre ». Pièce de la cruauté par excellence, la Compagnie Le Songe d’une planche à vif nous en réservait une mise en scène surprenante et très rythmée.

La Ménagerie de verre raconte une histoire de famille terrible. Cela se passe aux États-Unis dans les années trente. Le père, travaillant à la Compagnie du téléphone s’est spécialisé dans les « longues distances ». Comprenez qu’il a fui sans laisser d’adresse et qu’il n’a envoyé qu’une carte postale en seize ans. Il a laissé ses deux enfants, Laura et Tom, entre les mains de leur mère Amanda, totalement détruite par l’échec de sa vie et littéralement terrifiante avec sa progéniture. Elle est folle, pour ne pas dire hystérique. Elle vit dans le souvenir de ce qu’elle a été, avant de le rencontrer lui, avant qu’ils existent eux.

Maud Sérusclat

Lire la suite…

Page 157 (critique), Théâtre Essaïon à Paris

Polar absurde


C’est de cette manière que Serge Lalou, metteur en scène, définit « Page 157 » : un polar absurde. Drôle de définition. Drôle de définition pour une pièce plutôt indéfinissable, qui oscille légèrement entre théâtre et cinéma. « Page 157 » nous plonge dans un univers énigmatique, dans l’univers intrigant d’un dénommé Phil Légaré.

Cette pièce signe surtout la première apparition au théâtre – plutôt réussie – de Wilfried Romoli, danseur étoile du ballet de l’Opéra national de Paris. Wilfried incarne le rôle de Phil, un type sombre et mystérieux, au chômage depuis trois ans et récemment quitté par sa femme. Le danseur irradie la scène par sa grâce, sa présence. Son corps est extrêmement souple, réfléchi, contrôlé. Mais c’est un danseur qui sait aussi poser sa voix, être dans le rôle.

Tatiana Djordjevic

Lire la suite…

mercredi 17 décembre 2008

Carmenseitas (critique), Théâtre Toursky à Marseille

Non à la liquidation de la mémoire ouvrière !


Le 7 novembre 2008, le Toursky à Marseille accueillait « Carmenseitas » d’Edmonde Franchi. Cette pièce retrace avec chaleur et respect la vie des cigarières de la Manufacture des tabacs dans le quartier de la Belle-de-Mai à Marseille. L’auteure réussit un tableau très émouvant tout en réalisant une œuvre de salut public.


Carmenseitas est construit comme une enquête documentaire pour (re)mettre au jour cinquante ans de vie à la Manufacture. C’est une investigation de la mémoire ouvrière pour en empêcher sa liquidation. La recherche opiniâtre des témoins est le corollaire de ce sauvetage mémoriel. À cet égard, il faut féliciter l’auteure d’avoir tenu tête à tous les vents contraires.


Emonde Franchi évite dans son écriture et dans son interprétation tous les pièges : vulgarité, simplisme réducteur, discours théorique ennuyeux, militantisme outrancier, romantisme béat de la travailleuse, qui auraient pu ternir Carmenseitas et en diminuer la portée. Au contraire, on lui sait gré de mettre sa vitalité débordante au service de la cause ouvrière, passablement oubliée aujourd’hui (les ouvriers, ça n’existe plus ?), du combat politique des femmes au travail, dures à la tâche et à la lutte, du sens collectif actuellement moribond.

Vincent Cambier

Lire la suite…