mercredi 17 décembre 2008

Carmenseitas (critique), Théâtre Toursky à Marseille

Non à la liquidation de la mémoire ouvrière !


Le 7 novembre 2008, le Toursky à Marseille accueillait « Carmenseitas » d’Edmonde Franchi. Cette pièce retrace avec chaleur et respect la vie des cigarières de la Manufacture des tabacs dans le quartier de la Belle-de-Mai à Marseille. L’auteure réussit un tableau très émouvant tout en réalisant une œuvre de salut public.


Carmenseitas est construit comme une enquête documentaire pour (re)mettre au jour cinquante ans de vie à la Manufacture. C’est une investigation de la mémoire ouvrière pour en empêcher sa liquidation. La recherche opiniâtre des témoins est le corollaire de ce sauvetage mémoriel. À cet égard, il faut féliciter l’auteure d’avoir tenu tête à tous les vents contraires.


Emonde Franchi évite dans son écriture et dans son interprétation tous les pièges : vulgarité, simplisme réducteur, discours théorique ennuyeux, militantisme outrancier, romantisme béat de la travailleuse, qui auraient pu ternir Carmenseitas et en diminuer la portée. Au contraire, on lui sait gré de mettre sa vitalité débordante au service de la cause ouvrière, passablement oubliée aujourd’hui (les ouvriers, ça n’existe plus ?), du combat politique des femmes au travail, dures à la tâche et à la lutte, du sens collectif actuellement moribond.

Vincent Cambier

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