vendredi 23 janvier 2009

La Vénus à la fourrure (critique), Théâtre national de la Colline à Paris

Être le marteau ou l’enclume

Œuvre marquante de Sacher-Masoch, qui plus tard donnera son nom au masochisme, « la Vénus à la fourrure » (1870) s’attache à décrire l’amour extrême d’un homme pour une femme au sein d’un esclavage consenti, où douleur et soumission accroissent l’excitation et le plaisir. « Pour moi, tout a ses racines dans l’imagination » dit Séverin, le personnage central. C’est de fait en rêveur et non en voyeur qu’il convient de se rendre à ce spectacle. À cet égard, Christine Letailleur parvient à nous faire partager le trouble et la complexité de ce texte, qui, au-delà de toute perversion, nous incite à la réflexion. Sur les rapports amoureux, un désir de reconnaissance qui passe par la transgression et plus encore par l’imaginaire comme ressort du désir.

Le spectacle s’ouvre sur le narrateur qui conduira le fil du récit : un homme rêve de l’apparition de Vénus qui lui présente sa conception de l’amour. C’est alors que Séverin entre en scène : ayant lui aussi « rêvé d’une Vénus mais les yeux ouverts », il entreprend de nous livrer ses « confessions d’un suprasensuel ».

Marie Coulonjou

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