mercredi 21 janvier 2009

Music-hall (critique), Théâtre des Bouffes-du-Nord à Paris

Fanny Ardant : une classe incroyable


Texte de Jean-Luc Lagarce, mise en scène de Lambert Wilson, Fanny Ardant en vedette : le trio était alléchant. Verdict : le spectacle tient toutes ses promesses !

Il y est question d’une chanteuse de music-hall sur le retour. Mais a-t-elle jamais vraiment été la vedette qu’elle prétend être ? Flanqué de ses deux acolytes et faire-valoir, voilà « la Fille » qui déroule le fil de ses (més)aventures scéniques. Son entrée, sa façon de s’asseoir sur son tabouret, les partenaires qui vont et viennent, les costumes… C’est une petite comédie humaine à la fois dérisoire et pathétique qui défile dans ce monologue déguisé.

Ce monologue est au passé. Ce langage avec ses proverbes et ses expressions figées, ces anecdotes sont ceux d’une histoire révolue et même qui n’a peut-être jamais eu lieu. Le glamour de cette improbable vedette en robe vert pomme et perruque blonde n’a-t-il jamais eu d’autre théâtre que ces salles minables, ces espaces si petits que l’on ne peut même pas y faire une entrée digne de ce nom ? Que ces plateaux éclairés par un unique projecteur ? En lieu et place de la gloire, tout est rétréci, ramené à une médiocrité à la fois désolante et cocasse. Le début du spectacle introduit magnifiquement cette dualité, lorsque la Fille évoque sa façon d’entrer en scène. Tout d’abord prévue par le fond, l’entrée se fait à défaut par le côté, puis, si cela n’est pas possible non plus, les acteurs se tiennent déjà prêts sur le devant de la scène au lever de rideau ! De même, les difficultés liées aux traversées en bateau pour d’hypothétiques tournées internationales ne sont que des chimères peu à peu remplacées par les problèmes bien réels causés par les heures de marche à pied dans d’obscures villes de province.

Céline Doukhan

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