« Des fables que même les lances
à incendie ne suffisent pas à éteindre »
Maudite soit Saint-Denis et sa peste de RER, diable de machine ! Et diable d’endroit. Mais fi de cette humeur chagrine car, palsambleu !, c’est une fort belle chose que ce « Cœur ardent », monté au TGP par le maître des lieux, Christophe Rauck. Un moment de théâtre à vous mettre le baume au cœur, le cœur à l’ouvrage, le cœur à cœur… ardent, « chaud-bouillant ». Avec un peu de Gogol, un poil de Tchekhov, du Molière, des comédiens généreux, un texte français fort bien mis et une élégante scénographie, tout simplement. Rien d’impossible, donc.
Kouroslépov l’avare (Jan Hammenecker) a tout perdu, la tête et ses roubles. La faute au ciel, qui menace de tomber, de se fendre. C’est l’« apocalyspe ». Deux milles roubles tout de même, et bien cachés dans ses bas encore, sous ses noisettes, aussi. Une folie. Et ce ciel que trop d’alcool et d’ennui rendent toujours plus lourd. Il faudra dénicher le voleur. Silane (Mahmoud Saïd), un lointain et sage parent, Narkis (Jean-Philippe Meyer), le roublard, et Gravilo (Thomas Blanchard), pierrot lunaire à la guitare, s’en chargeront quand le temps leur permettra. Ce temps que Matriona (Hélène Schwaller), maîtresse moliéresque au parler franc et coups de balai faciles, écoule difficilement, trompant son mari et maltraitant sa fille, Paracha (Camille Schnebelen). Une jeune crypto-féministe, éprise de liberté et amoureuse de Vassia (Pierre-François Garel), le dégonflé, qui est la seule à rester jusqu’au bout droite dans ses bottes.
Cédric Enjalbert

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