Le Théâtre de la Huchette est célèbre dans le monde entier pour sa fidélité à Ionesco frisant l’obsession : on y donne « la Cantatrice chauve » depuis cinquante-deux ans. En parallèle, le théâtre propose à son public plusieurs spectacles, dont « la Peste », adapté (ou presque) du roman de Camus. Une torture d’une cruauté barbare ! Si cela n’avait pas été pour « les Trois Coups », je serais partie en courant, les dix premières minutes m’ayant suffi pour savoir que je préférais franchement le choléra !
Ce que je me prépare à dire ne me fait pas envie : il n’est pas agréable pour un critique de « descendre » un spectacle. Je le rappelle à tous ceux qui se récrient contre les plumes un peu féroces : nous ne sommes jamais plus heureux que lorsque nous pouvons soutenir le travail d’artistes dont l’humanité nous touche ! Pas de mesquinerie basse, pas de sadisme pervers, pas plus que de piques gratuites. Bien sûr, nous sommes parfois très durs, mais pensez à l’injustice, le talent que l’on refuse, le nouveau que l’on n’écoute pas, les carnets d’adresses qui campent sur les planches, et le conformisme régnant partout. Nous sommes durs lorsque nous sommes révoltés, lorsque notre sang bout. Nous ne sommes pas des spécialistes froids qui analysent, nous sommes des êtres de sensibilité, et c’est cette expérience quelle qu’elle soit que nous vous rapportons.
Lise Facchin

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