vendredi 20 février 2009

Les Corbeaux (critique), Théâtre national de Bretagne à Rennes

Drôle et corrosif

C’est un vaudeville noir qu’Anne Bisang met en scène en adaptant « les Corbeaux », texte remarquable écrit en 1882 par Henry Becque. Construite comme un diptyque, autour d’un élément clé (la mort de M. Vigneron), la pièce glisse sournoisement de la joyeuse fresque familiale au drame réaliste et grinçant. Doit-on d’abord évoquer l’incroyable modernité de l’œuvre ou préférer souligner le décalage original entre son fond et sa forme, sa noirceur et sa légèreté mêlées ?

Le décès du père de famille laisse quatre femmes en deuil, quatre femmes qui doivent alors faire face à des questions de gestion sur lesquelles elles n’avaient jamais eu l’occasion de se pencher. Tout tourne autour d’elles, tous tournent autour d’elles. Les spéculateurs, les rapaces, les corbeaux à la ronde inquiétante. Et l’avenir qui plane au-dessus de ces proies trop facile n’est guère réjouissant.

Aurore Krol

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