Les amateurs rennais de jazz vocal sont gâtés : ils ont pu voir et entendre, en un mois, Kurt Elling et Laïka Fatien. La jeune quadragénaire présente actuellement sur scène son hommage à Billie Holiday, « Misery ». Billie disait parfois, non sans amertume, qu’elle était l’esclave la mieux payée des États-Unis. « Lady Day » peut dormir tranquille, car c’est à son tour d’être servie, et de quelle façon !
Lorsque la salle s’éteint, un cercle de lumière isole un micro sur pied au milieu de la scène. Laïka Fatien y fait bientôt son entrée. Elle porte une longue robe noire, ajustée, tout juste ornée d’une façon de châle noir qui lui sangle la hanche. Le cheveu est soigneusement tiré, strict. Elle ne porte aucun bijou ostentatoire et ne s’autorise qu’une coquetterie : de très hauts talons, qui donnent à ce petit bout de femme un air de longue dame brune. Le ton est donné : le service du texte et de la musique avant tout. Pour cette prestation, Laïka Fatien est entourée d’un quartet, dont on ne tardera pas à découvrir la qualité : Pierre-Alain Goualch au piano, Matthieu Chazarenc à la batterie, Darryl Hall à la contrebasse et surtout David el-Malek au saxophone ténor.
Jean-François Picaut

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