Avec « Casimir et Caroline », Ödön von Horváth (1901-1938), dramaturge d’origine hongroise et de langue allemande, a écrit une sorte d’anti-« Roméo et Juliette » sombre et acéré, qu’Emmanuel Demarcy-Mota présente dans une mise en scène d’une rare virtuosité.
Munich, 1932. Lors d’une fête de la bière à l’atmosphère sordide, aux relents de vieil alcool et de nihilisme vomi, une foule hystérique hurle sa rage de jouir. En quête de sensations fortes, hommes et femmes grimacent et se contorsionnent comme des démons vermiformes à l’évocation de leur ultime espérance nocturne : copuler. Mais voilà qu’au milieu de ce magma pulsionnel, au-dessus duquel flottent majestueusement un Zeppelin rempli d’hommes de pouvoir, deux formes distinctes apparaissent. Elle, c’est Caroline, une petite employée. Lui, c’est Casimir, un chauffeur qui vient juste de perdre son travail. En quelques heures, tout va basculer autour d’eux et en eux.
Vincent Morch

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire