Comme ces petites bêtes dont elle porte le nom, la nouvelle pièce de Philippe Calvario (« Parasites ») démange, dérange. On fourmille de questions : pourquoi ce traitement non réaliste d’un sujet contemporain ? Pourquoi un décor blanc, qui surexpose les personnages, quand le parasite tend à se confondre avec son milieu ? Pourquoi un tel mélange des genres, de la comédie musicale au symbolisme ? Réponses avec le jeune metteur en scène, qui, pour la première fois dans ses créations, est aussi comédien. Un texte difficile et un parti pris périlleux, mais où l’artiste se révèle à lui-même.
Les Trois Coups. — La pièce de Mayenburg explore le désir pervers de deux couples en mal d’amour. Curieusement, dans la petite salle du Théâtre des Amandiers, ce huis clos laisse plutôt l’impression d’un enfermement. Est-ce là votre lecture du texte, montrer l’impossibilité du désir sans liberté ?
Philippe Calvario. — C’est curieux que vous me parliez de liberté. J’ai mis deux ans à monter ce projet. Le choix du texte est né d’un désir personnel, comme toutes mes créations. C’est un projet que j’ai eu du mal à imposer, mais que j’ai défendu au nom de ma propre liberté et de la liberté de créer. Sans doute la pièce s’est-elle imprégnée de cette revendication qui a accompagné sa genèse.
Propos recueillis par
Estelle Gapp

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire