vendredi 13 mars 2009

La Nuit de l’iguane (critique), MC 93 à Bobigny

Qui s’y frotte, s’y pique

La MC 93 se met à l’heure américano-mexicaine, celle de « la Nuit de l’iguane » de Tennessee Williams. Georges Lavaudant s’y frotte, plus de quarante ans après John Huston au cinéma. Point de pampa, de sombreros et de tralala (« caramba » !). Juste d’énormes cactées bien acérées et un belle brochette d’acteurs à faire déchanter les mariachis. Nonobstant quoi, la pièce manque de rythme et d’unité. C’est que le soleil de Mexico, la parlotte et les rhums-coco, ça assomme, « hombre » !

La fin est belle. Les lumières parfaitement réussies se révèlent, l’ampleur du décor (que d’aucuns trouveront excessive, les confidences des comédiens s’y perdent) prend sens. Tcheky Karyo devient même crédible face à la toujours formidable Dominique Reymond, qui trouve enfin du répondant. La nuit s’achève, l’iguane est libéré, le bon Williams fait feu de toute métaphore. Métaphysique aussi, le propos qui s’inquiète du sens de la vie et revient sur soi, la liberté, les autres. Le climax est atteint, mais c’est la fin. The end, comme au cinéma. Sauf qu’on est au théâtre et que les ressorts dramatiques ne se remontent pas tout seuls. Sans les violons et les lumières de la Metro, les effets très spéciaux et autres trucs hollywoodiens – trucs, entendre Ava Gardner, Richard Burton et Deborah Kerr –, le scénario (il s’agit bien d’une pièce à l’origine, adaptée notamment par Marcel Aymé) fait long feu. Deux actes en effet avant le troisième (c’est la règle). Pour ceux qui n’auraient pas vu le film *, on y revient.

Cédric Enjalbert

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