Il y a ceux qui ont vu la pièce, ceux qui ont visionné le film, et enfin ceux qui découvriront au Vingtième Théâtre ce petit bijou de Jonathan Harvey, dans une mise en scène honorable de Kester Lovelace. Malgré les petites imperfections d’une adaptation qui gagnera à se roder, « Beautiful Thing » comporte du charme, de l’émotion, du bonheur… Alors, ne boudons pas notre plaisir en le dégustant. Et laissons-nous aller à rêver devant ce conte de fée urbain.
C’est une bien belle pièce que nous donne à voir Kester Lovelace, pour la première fois en France, sur une traduction originale de Pascal Crantelle, après une création au Bush Theatre de Londres en 1993, adaptée en téléfilm par l’auteur lui-même en 1995.
Certains spectateurs trouveront peut-être que le jeu des acteurs manque de rythme et de talent. Mais c’est faire bien peu de cas du potentiel d’une adaptation qui peut s’affirmer, se roder et surtout du choix – pertinent – du metteur en scène de confier les rôles des trois jeunes adolescents Leah, Ste et Jamie à de jeunes comédiens (un peu inexpérimentés mais qui restent touchants dans leur rôle d’ado pressé et maladroit), à côté de plus aguerris. Les pointilleux trouveront parfois quelques gênes dans une traduction qui a transposé pourtant dans un français aux accents argotiques toute la verve et l’humour so british du texte original (mais comment traduire « River Queen » ?).
Olivier Pradel

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