lundi 19 janvier 2009

Coriolan (critique nº 4), Théâtre national de Bretagne à Rennes

Succès populaire pour Shakespeare


Le « Coriolan » de Christian Schiaretti, dans une mise en scène aussi rigoureuse que grandiose, servie par une troupe de trente comédiens, sait tenir le spectateur en haleine pendant plus de trois heures trente.

Quel latiniste, même en herbe, peut ignorer le nom de Coriolan ? Aucun sans doute, sauf s’il a échappé non seulement à Tite-Live mais surtout à Plutarque et à ses nombreux épigones, dont l’abbé Lhomond, ce qui est beaucoup. Caïus Marcius, plus tard surnommé Coriolanus, fait partie, en effet, de ces « hommes illustres » dont la vie constitue pour l’auteur des Vies parallèles un « exemple », une figure emblématique de l’homme aux prises avec l’Histoire et ses passions et dont la biographie peut servir à l’édification du lecteur. C’est ce général romain, d’origine patricienne, que Shakespeare a choisi comme héros éponyme de sa dernière tragédie, Coriolan. L’histoire qui nous est racontée remonte donc aux débuts de la république romaine, aux environs de 490-480 avant Jésus-Christ, mais on y entend des échos des grandes famines dans les Midlands, en 1607 et 1608 de notre ère.

La pièce s’ouvre sur une mutinerie du peuple, auquel le Sénat, sur recommandation de celui qui n’est encore que Caïus Marcius, a refusé d’accorder une distribution gratuite de blé. Bientôt paraît Marcius, furieux : le Sénat vient d’accorder à la plèbe le droit d’avoir cinq représentants, les tribuns de la plèbe. Mais on annonce que les Volsques, un peuple qui vit au sud de Rome, dont ils contestent l’hégémonie naissante, viennent de prendre les armes. C’est pour sa bravoure au cours de cette guerre, notamment lors de la prise de Corioles, que Caïus Marcius reçoit le surnom de Coriolan. Tout auréolé de cette gloire, il est candidat au poste de consul, mais les tribuns, en l’accusant auprès du peuple d’aspirer à la tyrannie, parviennent à le faire bannir. Il se réfugie alors chez ses anciens ennemis, les Volsques, et remporte à leur tête de nombreux succès militaires, faisant même le siège devant Rome… Il faudra les larmes et les supplications de sa mère pour qu’il renonce à donner l’assaut.

Jean-François Picaut

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