Stefan Delon s’empare avec un grand talent du roman génial de Fritz Zorn, « Mars », ou l’histoire d’une névrose qui se transmue en cancer. Une œuvre noire, fascinante et étincelante à voir absolument.
Il est des auteurs méconnus qui disparaissent après nous avoir légué une œuvre unique, la quintessence de leur génie : Fritz Zorn est de ceux-là. À l’âge de trente ans, il apprend qu’il est atteint d’un cancer. Il échange son patronyme, « Angst » qui signifie littéralement « angoisse » pour celui de « Zorn » : « colère ». Refusant tout apitoyement, Zorn s’arme de cynisme et d’humour noir pour dresser un portrait assassin de la société bien-pensante qui l’a « éduqué à mort ». Mars, selon son narrateur lui-même, ce n’est pas une autobiographie, mais l’histoire d’une maladie de l’âme contractée dans l’ennui et le conformisme de la grande bourgeoisie de Zurich. Une maladie qui n’est que le symptôme extérieur le plus apparent d’un dysfonctionnement profond, d’une incapacité à jouir de la vie, de l’absence de toute spontanéité de goût et de sentiment.
Diane Launay

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