La Compagnie NéNéKa, dirigée par François Orsoni, s’empare d’un des tous premiers textes de Brecht pour en faire un spectacle transgenre, entre théâtre et comédie musicale punk. Écrite à vingt ans, la pièce détourne un conte de Grimm pour proposer une parabole émouvante sur la condition humaine.
Le dramaturge allemand est très souvent monté aujourd’hui – en particulier ses premières pièces. Un Brecht d’avant le marxisme et l’élaboration théorique : terrain d’expérimentation idéal pour des metteurs en scène séduits par la vitalité de la prose brechtienne, son rythme, sa poésie, ses fulgurances.
Jean la Chance est une des œuvres les moins connues de l’auteur. Vaste fragment dramatique inachevé inspiré de Grimm, le texte raconte les malheurs de Jean, qui, par naïveté ou grandeur d’âme, se trouve progressivement dépossédé de tout. Comme souvent dans les contes, le texte joue sur la répétition : ici, la répétition des échanges malheureux qui vouent le héros à la pauvreté.
Fabrice Chêne

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