L’impertinence délicieuse de deux sœurs
Ayant lu le « Journal à quatre mains » avec délectation, j’étais curieuse d’en voir l’adaptation scénique. Curieuse et intriguée, car une telle œuvre semble davantage se distinguer pour ses caractéristiques romanesques que dramatiques. À la sortie, sentiment agréable de réussite. Même si je n’aurais pas tout fait pareil…
Comme la plupart des journaux intimes, celui-ci est assez bavard. Deux sœurs de quinze et vingt ans s’y confient sans censure. Elles relatent leur petite vie de jeunes bourgeoises bien rangées, entre histoires de cœur et pensées profondes. Mais la guerre, d’abord discrète, finit par s’imposer. De 1939 à 1945, les modes de vie changent, les certitudes s’estompent et le mûrissement de nos deux héroïnes s’accélère.
Sur scène, les deux sœurs racontent leur quotidien dans le cadre confortable et intime de leur chambre à coucher. Parfois, les témoignages s’entremêlent et les jeunes filles se parlent par journal interposé. On sent alors le lien particulier qui unit ces sœurs, entre grande complicité et esprit de compétition. À l’extérieur, il y a la guerre et les garçons. Mais dans la douceur du cocon familial, l’amour intense et fraternel leur permet de célébrer leur proximité et leur différence par le biais de l’écriture.
Anne Losq

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