jeudi 29 janvier 2009

La Célestine (critique), Vingtième Théâtre à Paris

Théâtre en fête


Cela fait des années qu’Henri Lazarini revisite le patrimoine théâtral européen, avec une préférence affirmée pour les classiques, de Corneille à Hugo, de Beaumarchais à Goethe. Frédérique Lazarini (la fille du premier) est actrice et elle aussi metteuse en scène. Ils signent à deux cette adaptation de « la Célestine », une pièce de la fin du xve siècle, véritable monument de la littérature espagnole, soutenus par une distribution inattendue qui donne véritablement son sens au projet.

La Célestine, née en 1499 sous le plume de Fernando de Rojas, fut un roman avant de devenir une tragi-comédie. L’œuvre connaîtra de nombreuses versions, et ce personnage hantera la littérature européenne jusqu’à l’époque baroque. De ce texte foisonnant, Henri Lazarini a tiré un spectacle d’une heure trente, très « grand public », en réduisant l’intrigue à ses éléments essentiels. Calixte, amoureux fou de Mélibée, fait appel, par l’intermédiaire de son valet Semporio, à une mère maquerelle, la Célestine, pour parvenir à ses fins. Les ruses et les manipulations de la Célestine (l’éternel combat du vice contre la vertu !) constituent l’essentiel des péripéties, avant le rendez-vous nocturne dans le jardin de Mélibée. Le texte est fascinant en ce qu’il contient en germe tout un pan de la littérature européenne. Il permet en particulier de mesurer l’influence de ce théâtre espagnol sur le théâtre français, de Molière (on pense à l’entremetteuse de l’École des femmes) aux romantiques.

Fabrice Chêne

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