Quoi de plus approprié qu’un opéra au Théâtre de l’Œuvre pour évoquer le destin fou de la grande Sarah Bernhardt ? Alain Marcel signe ici un livret tout en démesure et tente péniblement de ressusciter la Divine. Grosse ombre au tableau, les soixante personnages de la pièce sont interprétés par le seul Jérôme Pradon, qui malgré d’incroyables déploiements d’énergie, semble s’y perdre. Nous aussi.
Un joli petit écrin rouge à deux pas de la place Clichy. Un tout petit théâtre pour une saga musicale forcément ambitieuse puisqu’elle titre fièrement l’Opéra de Sarah, avant l’Amérique. Le rideau se lève sur des murs bleu nuit, nus et patinés. En arrière-scène, un large piano à queue nargue l’assistance. L’espace est savamment découpé par une série de tabourets disposés ça et là. Noirs et capitonnés comme le silence qui précède les premiers éclats de voix : « Boké lèze ! Boké lèze ! ». C’est la bonne nourrice de la grande Sarah qui ouvre le bal en breton. On sent déjà que ça va être long.
Ingrid Gasparini

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