Quand on ne sait plus trop quoi monter, il reste toujours « Hamlet », s’est dit Mathias Langhoff, qui se fait vieux et doit rebondir. Dure loi du ring ! Naguère, ses coups d’éclat nous forçaient à mieux voir des scènes que la routine avaient usées jusqu’à la trame. Il n’y avait ni Donnelan, ni Py, ni Collin, ni Marthaler, ni Gotscheff (et quelques bonnes dizaines d’autres) pour le faire. Mais là, franchement, les « audaces » de l’enfant terrible du théâtre allemand… ! En fait d’enfant terrible, c’est plutôt un enfant gâté, qu’on voit ici torcher à la six-quatre-deux sa fausse bonne idée : « Un Hamlet-cabaret », fatras complaisant de clichés et de chansons à peine répétées, prétendument exprès, le tout cachant mal un vide abyssal. « Au secours, je n’ai plus rien à dire ! » : tel semble être le sous-texte de cette fumisterie.
Olivier Pansieri

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