Deux personnages qui ont pour surnoms « Porc » et « Truie », et qui se sont autoproclamés roi et reine de « Porc City ». Une version théâtrale de « la Ferme des animaux » ? Non. Plutôt l’histoire trash et décalée de deux adolescents (aussi appelés Darren et Sinead) paumés dans l’Irlande moderne. Ça décoiffe !
La Manufacture des abbesses se revendique comme un lieu de création contemporaine et mérite bien cette appellation avec Disco Pigs, pièce qui fait découvrir au public parisien la verve de l’écriture dramatique d’Enda Walsh. Et, comme dans beaucoup de pièces irlandaises modernes, il y a de la provoc’ dans l’air : un vocabulaire coloré et grossier, des références pornographiques explicites et de la violence physique. Mais avant que vous ne fuyiez, laissez-moi vous convaincre que toute cette brutalité est justifiée et contrebalancée par la fragilité exposée d’une jeunesse sans repères.
La note d’intention est explicite. Il s’agit ici de faire du théâtre « coup de poing ». En anglais, on appelle ce courant théâtral du doux nom de in yer face (« dans ta gueule »). Dans les deux langues, la même idée : créer un théâtre percutant, qui ose secouer le spectateur et lui rappeler la dureté de nos sociétés modernes. Dans Disco Pigs, c’est la jeunesse qui trinque, une bière à la main, sans savoir que faire de sa vie.
Anne Losq

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