À l’occasion des soixante ans de la création d’Israël, l’espace Rachi accueille « Avant la cérémonie » de Naïm Kattan, dans une mise en scène de Florence Camoin. La pièce de cet auteur cosmopolite, éclectique et francophone, est pétrie d’un messianisme pacificateur plutôt didactique. Le spectacle s’annonçait comme un appel à l’ouverture, comme une parabole sur la tolérance. Il devient une représentation pour public trié, sur le judaïsme et pour les juifs. Perturbant, un peu, finalement inoffensif.
« Avant la cérémonie » ? C’est la fouille. Petit interrogatoire de bienvenue, car l’espace Rachi est un lieu « protégé ». On s’y plie de bonne grâce (purement professionnelle), on y laisse nos outils terroristes (adieu coupe-ongles et autres lames acérées), on justifie de notre motivation : « Oui, je viens voir une pièce avec Rufus, oui, c’est ici, oui j’ai des invitations au nom des Trois Coups, oui, le journal que tout gentilhomme devrait lire quotidiennement ». Et on passe le sas. Refroidi. Et pensif : on allait voir une pièce rythmée par une « musique de paix et de fête » (dixit Florence Camoin), on est accueilli par une expression de peur. Passons.
Cédric Enjalbert

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire