dimanche 1 février 2009

La Puce à l’oreille (critique), Athénée - Louis-Jouvet à Paris

Un classique du théâtre de boulevard revisité

Quand Groucho Marx rencontre Jacques Lacan, cela donne un chassé-croisé de quinze personnages qui se jettent corps et âme dans la gueule du grand méchant loup qu’est Feydeau. À voir à L’Athénée…

Bienvenue à l’hôtel du Minet-Galant qui, comme son nom l’indique, n’est pas une pension de famille. Dans cette charmante maison, on n’y croise que des couples « mariés mais pas ensemble ». Allons donc ! Pourtant, malgré l’excitation, la frénésie, les va-et-vient incessants, ce n’est pas le plaisir qui l’emporte. Le désir est là. Quoique ! Chandebise, le personnage principal, ne peut plus honorer son épouse. Ça vous la coupe ?

Heureusement, Romain Tournel, raide dingue de Raymonde, peut sauver la situation, sauf que… celle-ci n’est pas intéressée. Son obsession : piéger son mari, qu’elle suspecte de la tromper. Mouillée jusqu’au cou dans ce délire, son amie, Homenidès de Histangua, se compromet et s’attire les foudres de son mari, lequel menace de tuer tout ce qui bouge : « Où il ête cette amante que ye le touille ? ». Vous l’aviez sans doute déjà remarqué : Feydeau a produit de véritables bombes fantasmagoriques. On ne parle que de sexe, on ne pense qu’à ça, mais pas de caresses. Que des coups de théâtre ! En l’occurence, dans la Puce à l’oreille, ce n’est pas « Tournez manège », mais le bordel à tous les étages. Les couples se défont, à l’image du délitement de la société décadente du Second Empire, que Feydeau se plaît tant à épingler. Sans pour autant « consommer » ! Pulsions incontrôlables et emballements en tous genres n’aboutissent qu’aux frustrations.

Léna Martinelli

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