mercredi 25 février 2009

Oncle Vania (critique), Théâtre de la Bastille à Paris

Famille, je vous hais

Il ne se passe pas grand-chose dans « Oncle Vania ». Dans un domaine au fin fond de la Russie, l’arrivée d’un vieux professeur à la retraite et de sa jeune femme vient déranger le cours de la vie dure mais paisible de la fille du professeur, Sonia, et de son oncle Vania. Toute la virtuosité de Tchekhov, qui transparaît dans cette excellente mise en scène, consiste à tirer le fil de la désintégration progressive de cette famille.

En effet, la mise en scène du collectif Les Possédés est limpide, et la portée du texte de Tchekhov, écrit en 1890, n’en est que plus grande. D’abord, on est frappé par le naturel de l’interprétation et en particulier de la diction. Le texte est dit avec beaucoup de fluidité et de rythme, mais cette sensation, paradoxalement, naît d’une certaine lenteur, de l’utilisation occasionnelle de silences ou d’hésitations. On est pris dans un rythme à la fois enlevé et lent. Les comédiens semblent parler doucement, mais sont parfaitement audibles. C’est vraiment un plaisir.

Céline Doukhan

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