Prévert, c’est le poète de la vie, de l’amour simple, de l’homme dont l’âme fait la beauté. C’est le bricoleur de sublime, avec des mots pétris d’humilité et des images d’enfant, avec un amour tendre qui s’émerveille d’un lever de soleil sur les toits de Paris. C’est aussi le révolté qui jongle avec les vers pour moquer les pompeux alexandrins de la guerre dévoreuse. Le spectacle musical présenté aux Déchargeurs est admirable de fidélité tout en montrant une véritable appropriation des textes. Sincère, émouvant et nu.
On descend dans une petite cave voûtée du dix-huitième siècle, aménagée de tables de café et de bancs. La salle s’appelle « La Bohème » et porte bien son nom. On s’y sent loin, on s’y sent caché, on s’y sent seul et bien, à l’abri de l’hyperconnectivité, de la sociabilité à outrance, de la communication. Au calme, quoi.
Lise Facchin

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire