C’est dans un univers bien étrange que nous convie Andrey Barrin. Entre théâtre et performance, elle revisite une figure antique de l’amante, la « Bethsabée » du roi David.
Déclamant un texte âpre dans un corps qui se contorsionne, Audrey Barrin donne à son public de ressentir le désir qui vrille une femme « moureuse » (qui « se meurt d’amour »), et pas n’importe laquelle : Bethsabée, amante adultère puis épouse du grand David, et mère de Salomon. Changeant de perspective par rapport au livre biblique de Samuel, Audrey Barrin incarne un personnage féminin méconnu, déjà mis en mots par Marek Halter, dans Bethsabée ou l’Éloge de l’adultère.
Servant un texte étrange, Audrey mène son auditoire dans un univers oriental, plus proche des rives du Nil que de celles du Jourdain : sons gutturaux, voyelles initiales élidées, alternance d’une langue soutenue et d’une autre populaire, phrases syncopées, abondance de mots-valises… créent un sabir méridional, évoquant autant l’espagnol que l’hébreu. Ces mots trouvent dans les compositions de Régis Renouard-Larivière des résonances électro-acoustiques, parfois obsédantes.
Olivier Pradel

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