Prototype du « théâtre de la menace » cher à Harold Pinter, « l’Anniversaire » est une pièce qui fissure la représentation du confort domestique. Une pièce qui se joue entre les mots, dans les interstices. Porté par une distribution ultra-musclée et monté pour la Comédie des Champs-Élysées, ce spectacle avait tout pour faire l’évènement. Hélas, la mise en scène de Michel Fagadau s’enlise dans un faux rythme assumé. Ennuyeux et hors sujet.
Le rideau s’ouvre sur une pension de famille du bout du monde. Meg prépare le pain perdu pendant que son mari lit le journal. Ils attendent le réveil de leur seul et unique pensionnaire : Stanley. Ou Stan, le petit préféré de la vieille Meg, qui veille à son bonheur comme une mère incestueuse. Stanny, le pianiste capricieux et virevoltant dont le passé en pointillés génère des projections de toutes sortes. Mais cette atmosphère en apparence paisible est vite mise à mal par l’arrivée de deux nouveaux visiteurs : McCann et Goldberg, deux porte-flingue hauts en couleur, à la fois menaçants et décalés. Hasard ou coïncidence, leur apparition tombe le jour même de l’anniversaire du jeune homme, qui semble de plus en plus préoccupé.
Ingrid Gasparini

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire