vendredi 3 octobre 2008

Master Class (critique), Théâtre de Paris à Paris

Le fantôme de l’Opéra

Dans l’écrin d’ors et de velours du Théâtre de Paris, Marie Laforêt rend un hommage bouleversant à la Callas. Sous les ovations du public, son élégante silhouette se confond étrangement avec celle de la diva. Une troublante et fascinante transfiguration, qui déjoue les pièges d’une mise en scène souvent redondante et trop démonstrative.

Derrière de grandes lunettes noires, la star apparaît. « J’espère que personne ne s’est déplacé pour m’entendre chanter ?» Est-ce la comédienne ou le personnage qui parle ? Entre rêve et réalité, telle la « Somnambule » de Bellini, Marie Laforêt frôle les écueils du rôle : comment incarner la diva, sans jouer les divas ? Face public, elle interpelle les spectateurs, comme s’ils étaient ses étudiants, venus assister à ces ultimes master classes de la Callas, à New York, en 1971 et 1972. Mais, dans un rapport frontal trop systématique avec la salle, la comédienne force le trait : elle joue l’artiste capricieuse, exigeant un coussin, de l’eau, que l’on règle les lumières et les radiateurs… Et le jeu, forçant la complicité des spectateurs, prend des allures – regrettables – de one-woman-show : la Divine se veut drôle, grinçante, cynique, brisant son image mythique de femme blessée.

Estelle Gapp

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