samedi 4 octobre 2008

Rigoletto (critique), Opéra Bastille à Paris

La société du spectacle

Composé en 1851, « Rigoletto » apparaît comme l’aboutissement lyrique du drame romantique. Le duc de Padoue ne songe qu’à son bon plaisir, aidé en cela par le bouffon Rigoletto. Mais, de conquêtes faciles en emprisonnements arbitraires, la cruauté que le bouffon encourage finira par se retourner tragiquement contre lui.

Encore aujourd’hui, on est frappé par la noirceur du message politique d’une œuvre, pour laquelle Verdi s’était battu afin de la faire échapper à la censure. Le duc (qui remplace le François Ier de la pièce Le roi s’amuse, de Victor Hugo) est, comme Don Juan, un « grand seigneur méchant homme », un personnage double, comme tous ceux qui gravitent autour de lui : courtisans adeptes des enlèvements nocturnes, bouffon cruel mais père aimant, prostituée meurtrière au grand cœur. Au début du premier acte, le duc est d’ailleurs figuré maniant le sceptre de carnaval du bouffon, qui, lui, porte couronne.

Céline Doukhan

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