C’est une dernière couche d’ironie inquiète et un peu cynique que Mateï Visniec et Jean-Pierre Beauredon passent sur le monde avec cette troisième collaboration. Après « Du pain plein les poches » et « la Vieille Dame qui fabrique 37 cocktails Molotov par jour », les deux créateurs reviennent sur les planches du Sorano pour nous plonger dans l’univers décadent de deux accros du jeu de hasard en bout de course. « La Martingale du hérisson » est une probabilité. Le grain de sable qui s’insinue fatalement dans toute stratégie.
Ken est un flambeur sur le retour. Un joueur et tricheur compulsifs, un ludopathe en phase terminale, condamné. Il est grillé dans tous les casinos de l’Ouest américain. Betty est sa jeune complice, son disciple. Elle le fatigue, l’exaspère parfois avec ses questions. Ils se connaissent depuis la veille et sont amoureux. Mais Betty, c’est aussi une vieille fermière un peu gaga qui soigne des chevaux en fin de vie. Un fantôme à la recherche d’un vieux cheval blanc aveugle. Cet alter ego de Betty, quarante ans plus vieux, hante les nuits de Ken. À moins que ce ne soit l’inverse…
Nicolas Belaubre

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