jeudi 22 janvier 2009

La Trilogie de la villégiature (critique), MC 93 à Bobigny

Goldoni orchestré de main de maître

« Comment, vous n’êtes pas allé aux sports d’hiver ? — Eh non, mes pauvres amis ! Nous, nous avons préféré partir pour l’Italie du dix-huitième siècle. — Où ? — À Bobigny, voyons. Le temps de sortir du métro, de découvrir le hall de la MC 93, ses immenses baies vitrées bouchées de haut en bas par les milliers de messages de soutien à son directeur Patrick Sommier, on y est. » « E’ magnifico ! » On entend même parler partout italien. Serait-ce de l’autosuggestion ? Pas du tout. Ce sont les Transalpins d’ici qui sont venus en foule fêter l’évènement : trente ans après la version mythique de Georgio Strehler, revoici « Trilogia della villeggiatura » de Carlo Goldoni, toujours en italien, mais cette fois surtitré et mis en scène par le Sudiste Toni Servillo. Presque mieux que l’autre. Un régal.

Le spectacle est constitué de trois pièces en un acte qu’on peut jouer séparément, mais que la tradition, précisément depuis Strehler (décédé en 1997), réunit en une seule action. Inutile d’ajouter que l’ombre du maestro plane tout du long sur cette mouture pourtant absolument originale. On y retrouve les accessoires beaux et signifiants, les costumes d’époque se détachant avec netteté sur un ciel bleu éblouissant comme un écran d’ordinateur. J’entends déjà fulminer les farouches partisans du music-hall et de la mini à paillettes quelle-que-soit-la-pièce (ou du fauteuil défoncé et de la basket avachie, sa variante « grunge »). Qu’ils aillent dîner ailleurs. Ici, c’est de la cuisine familiale, lisez savante et pour tout le monde.

Olivier Pansieri

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