mardi 3 février 2009

Dans la colonie pénitentiaire (critique), Opéra national de Lyon

Pertinence et modernité


C’est une proposition des plus séduisantes que nous fait ces jours-ci l’Opéra de Lyon dans le cadre du festival Les Héros perdus. En effet, « Dans la colonie pénitentiaire » nous donne à la fois l’occasion de renouer avec l’univers de Kafka, la possibilité de se délecter à l’écoute d’un opéra de Philip Glass et enfin la surprise d’une toute nouvelle mise en scène de Richard Brunel. Initialement prévu à la prison de Corbas, cet opéra s’installe finalement dans un nouveau lieu de Villeurbanne, Le Studio Lumière 2.

Un visiteur est invité dans une colonie pénitentiaire afin d’assister à une procédure d’exécution publique. Pour cela a été mise au point une étrange machine, dont le mécanisme complexe s’apparente à celui d’une machine à écrire. Le procédé que s’applique à décrire l’officier en charge des peines témoigne d’une atroce cruauté, qui ne cessera d’aller crescendo tout au long de la nouvelle. Le célèbre texte de Dans la colonie pénitentiaire fut écrit en 1914 par Kafka et témoigne encore aujourd’hui d’une remarquable actualité. On ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec le camp de Guantanamo. Ainsi, la nouvelle apparaît comme le lieu d’un questionnement intemporel sur le système judiciaire. Mais ici, le condamné, réduit à l’état d’animal, ignore sa sentence avant que celle-ci inscrite en lettres de sang sur sa chair ne le mène à la mort.

Élise Ternat

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