mardi 3 février 2009

L’Humanité sans la tête (critique), Théâtre de l’Opprimé à Paris

Magnifique sujet

« Passer l’hiver ? », un mois de théâtre énervé autour des écritures de François Chaffin, comme ils disent au Théâtre de l’Opprimé. À force d’aller voir ses pièces, on se demandait s’il allait réussir à nous énerver ou non, ce cher M. Chaffin. Cette fois donc, dernier volet des Trois utopies pour un désastre avec « l’Humanité sans la tête », écrite en 2008. La tête, ils ne me l’ont pas prise.

D’après vous, que se passe-t-il à l’intérieur des dernières minutes de temps suspendu lorsqu’on affronte la mort ? À ce moment-là, quand on est face au vide, agrippé par la solitude, des images de remplissage surgissent. Des valises entières de souvenirs, pensées, noms, prénoms et objets affluent, histoire de faire raccrocher l’esprit à une ultime sensation d’identité. Mais quand elles se disloquent, ces illusions, une à une, que se passe-t-il ? Si vous enlevez les noms, les paquets d’objets ou de fantasmes derrière lesquels vous vous planquez, que vous ôtez ces pelures d’esprit, oserez-vous n’être rien d’autre ? Sans esprit, nous revenons tous au vide essentiel : l’humanité. C’est ça, l’Humanité sans la tête : les ultimes secondes d’un homme happé par son propre vide. Nous tous, quoi. Une mort, vous dites ? Pas si sûr.

Laurie Thinot

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